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Provenance :
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Octobre
1999
Denis
Le Transssibérien
Moscou / Russie |
Heureux d’avoir fait
un pas en avant, significatif, je m’empressais de
commander cette soupe. Quelle ne fut pas ma surprise
de voir avancer vers moi une soupe épaisse,
composée de morceaux de gras, de choux et
de crème fraîche.
Concilient,
j’entrepris de déguster sans conviction la
soupe sans vrai saveur, mais nourrissante. Sur le
chemin du retour à mon wagon, j’observais
de nouveaux éléments que je n’avais
pas remarqué jusqu’alors. En particulier,
entre les wagons les gens entreposaient leur réserves
de nourriture (la viande en particulier) à
refroidir. C’est ainsi que l’on voyait pendu aux
portes des wagons des morceaux de viande entier.
La température à cet endroit du train
étant de –5 degrés, la viande restait
fraîche !
Entre
certains wagon on pouvait également observer
des tas de vêtements et de sacs qui jonchaient
en vrac sur le sol.
De retour
à mon compartiment je pris une douche ce
qui valu a tout mon compartiment d’être inondé
d’eau. Après une expertise de M. Li, on s’aperçut
rapidement que la température dehors était
tellement basse que des résidus d’eau dans
l’évacuation d’eau de la veille avaient gelé
pendant la nuit bouchant la canalisation. Je fut
donc contraint de changer de compartiment. Au fur
et à mesure que l’on avançait en Sibérie,
on voyait le mercure descendre pour atteindre le
record de –32° à mi-parcours. On était
alors moins surpris de voir de la vapeur sortir
des conduits d’évacuation des lavabos lorsque
l’on utilisait de l’eau chaude.
La fin
de la journée vit le départ de mes
derniers compagnons de voyage, j’étais à
présent seul dans le wagon ! Le soir, je
suis allé prendre un repas au wagon restaurant.
Après ma traditionnel soupe suivi d’un steak
purée aux cornichons je pris un peu de temps
pour voir les gens qui m’entouraient dans le restaurant.
Un, en particulier attira mon attention. Il avait
la tête d’un tueur, les yeux d’aigle. Lorsqu’il
exhibait son sourire on pouvait apercevoir la moitié
de ses dents en or. Mais ce qui attirait surtout
mon regard était le défilé
de personnes qui venaient le voir en lui donnant
un paquet d’argent avant de disparaître. Après
une demi-heure, un petit tas de billets s’entassaient
sur la table ou était assit Dimitri (puisque
c’était son nom, du moins celui qu’il me
donna plus tard ). Il débuta alors le décompte
en notant consciencieusement sur un cahier ce que
j’imaginais être les bénéfices
de la journée.
Je restais
les yeux fixés sur ces billets qui passaient
de sa main à la caisse, devinant déjà
de quel business ils pouvait provenir. Je me rendis
soudain compte que le tenancier du restaurant avait
observé mon manège et me lançait
de temps à autres des yeux inquiets. Je me
sentis alors un peu gêné par cette
découverte et observé de toute part…
Je décidais alors une retraite rapide vers
mon compartiment où je m’enfermais à
clef pour la nuit. Au dehors, nous avions quitté
les plaines vastes et désertes pour rentrer
dans des forêts épaisses de sapins.
Pour la première fois, je m’aperçut
que les poteaux électrices étaient
surélevés afin d’éviter que
le bois ne moisisse dans la neige. Les câbles
étaient quant à eux soumis à
rude épreuve par la neige qui s’entassait
exerçant une pression extraordinaire sur
la structure. La nuit fût calme à part
un arrêt un peu brusque du train en gare qui
me valu de me retrouver presque éjecté
du lit, encore une femme au volant me dis-je !
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