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Provenance :
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Octobre
1999
Denis
Le Transssibérien
Moscou / Russie |
Elle me demanda de
nouveau mon passeport et je lui tendis conscient
du risque que je venais de prendre. Je vis alors
un sourire se dessiner sur son visage et elle se
contenta de me dire en chinois, me regardant de
ses grands yeux noirs : " bon voyage, monsieur.
A bientôt ! ".
Par la
suite, les douaniers Russes ne nous ont posé
aucun problème. Juste avant l’arrivée
à la frontière Russe, les paysages
sans fin ont rapidement laissé place à
un couloir engrillagé dans lequel le train
s‘est engagé au pas jusqu’au poste de contrôle.
Par la suite, les douaniers sont venus avec un sac
où il mis nos passeport avant de sortir du
train et disparaître dehors pour une inspection
d’une demi-heure.
La suite
est rapide, une inspection méticuleuse du
compartiment est suivie d’une demande de déclaration
des devises. Les douaniers Russes, très froid,
n’en sont pas moins agréable et courtois.
Vers 00h00,
M. Li, le sourire aux lèvres vint nous dire
que tous les passages frontières étaient
à présent passés. Son départ
fut le signal du voyage vers celui des songes pour
tous les membres du wagon épuisés
par la journée mais heureux. Nous venions
d’entrer la grande Russie ! !
Le lendemain,
une fois n’est pas coutume, je me suis levé
très tôt afin de pouvoir contempler
le grand lac dont M. Li m’avait rabattu les oreilles
toute la soirée précédente.
Au sortir de mon comportement je le retrouvais collé
à la fenêtre en train d’admirer " son
lac ". Encore peu réveillé, je ne
distinguais pas le lac. Je voyais vaguement de grandes
étendues blanchâtres et vides mais
pas de lac. Après un frottage d’yeux intensif,
je ne distinguais toujours rien d’autre qu’une immense
étendue de neige jusqu’à l’horizon.
J’ai alors demandé à M. Li où
était le lac. Il me répondit en me
montrant du doigt la neige par la fenêtre
en me disant : " c’est l’hiver, il est gelé
et il a neigé, mais le lac est sous un mètre
de neige… c’est impressionnant non ? ? ".
Force
était de constater que M. Li avait raison
et que cette étendue de plusieurs centaines
de kilomètres sans âme qui vive était
vraiment impressionnante et je ne pouvais détacher
mes yeux de la fenêtre.. . Plus le train avance,
plus on se sent petit et humble devant la grandeur
de mère nature.
Après
m’être allongé plus d’une heure devant
le spectacle qui s’offrait à moi, je me dirigeais
vers le wagon restaurant pour le petit déjeuné.
Tout excité que j’étais, j’en avais
oublié que nous avions passé la frontière
Russe la veille. Le wagon restaurant de Mongol avait
laissé la place à un wagon en délabrement
composé d’une cuisine, donc en principe,
en mesure de servir à manger.
Dès
mon entré, un serveur vint me demander ma
commande en Russe. Je me suis contenté alors
de lui demander :
-
May
I have the menu please ?
No menu.
steak, mach-potateos " me répondit-il.
Un peu refroidi à
l’idée d’avoir un steak purée dès
le petit déjeuné, je lui signifiais
de la main de me faire savoir si d’autres plats,
plus " matinaux " existaient. La seule réponse
que j’eus fut " soup ".
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