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Provenance :
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Octobre
1999
Denis
Le Transssibérien
Moscou / Russie |
C’est
à ce moment précis que j’ai réalisé
le caractère si spécial de ce train.
La grandeur des paysage qui nous réduit à
un être ridiculement petit, la durée
extrêmement longue du voyage qui nous projette
hors du temps et l’ambiance feutré du train,
tout contribuait à rendre ce voyage vraiment
" pas comme les autres ". On ne peut s’empêcher
d’être heureux de n’avoir rien à faire,
rien d’autre que de s’occuper de soi et d’aller
vers les autres afin de découvrir des gens
voire même des parties de soi que l’on ne
soupçonne pas d’exister ! ! ! Vous ne pouvez
pas imaginer le bien que cela procure de se lever
le matin au milieu de 4000 km de désert et
de se dire " je vais m’occuper de moi , voir la
nature et rien d’autre " : ca repose plus que tout.
Sans parler des décors qu’on ne saurait même
pas rêver tellement il sont beaux…
Au dehors, rien n’avait
vraiment changé si ce n’est que la densité
de population paraissait de plus en plus élevée…
Le changement était subtil, je dirait d’un
habitant à 10 habitants par 200 km mais quand
même ! On devinait toujours le froid extrême
qui régnait au dehors aux tenues très
chaudes de tous les passants en dehors du train.
Des voitures –plutôt des épaves !-
apparaissaient de temps à autres à
la sortie de chemin enneigés creusés
à la pelle.
Mon repas
de midi fût tranquille, Dimitri n’était
pas au restaurant. Le soir par contre il était
de nouveau présent avec toute sa troupe,
police comprise. Etonnamment, il me fit un sourire
à mon entrée, visiblement décontracté.
Lorsque le train s’arrêta, ses acolytes allèrent
à leur business respectifs tandis que Dimitri
mangeais dans le restaurant.
Mon repas
fini, je me suis mis sur le chemin de retour vers
ma cabine, non sans rendre son sourire à
Dimitri. En sortant du wagon restaurant je me suis
trouvé bloqué par des piles de vêtements
et d’objets divers. Les personnes qui les vendaient
me firent signe de revenir sur mes pas ce que je
fis conciliant.
De retour
dans le wagon restaurant Dimitri me regarda d’un
air surpris. Je lui dis simplement " il y a des
gens qui travaillent que je ne souhaitais pas déranger...
". Il sourit, amusé, et m’invita à
m’asseoir avec lui avant de m’offrit une vodka orange.
Il me signala simplement qu’il n’était pas
très content car certains de ses collaborateurs
lui avaient reporté que j’avais pris des
photos la veille au soir. Je lui offrit alors la
pellicule concernée et il accueillit ce geste
avec un grand sourire rempli d’or. Je sus alors
qu’il m’aimait bien et que finalement, rien ne m’arriverait.
Aucun de nous deux ne fut très bavard mais
j’eus l’impressions que ce silence scellait notre
compréhension.
Je suis
alors rentré rapidement à ma cabine
afin de lire un livre. M. Li vint m’inviter à
faire un majong arrosé d’alcool. La nuit
suivante fût reposante car sereine…
Le lendemain,
je pris encore du temps pour admirer une dernière
fois les paysages de campagne. Notre arrivée
à Moscou se fit lentement vers 4h30 du soir.
A Moscou, Manfred m’attendait sur le quai de la
gare. Ce fut le début de ma découverte
du chaos et de la dépravation de cette ville
par ailleurs mystique et fantastique… Mais cela
est une autre histoire !
Denis
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