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Sujet :
Provenance :
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Septembre
2000
Constantin
Le 2e effet Tibet
Lhassa / Tibet |
Mais, en general, le
Tibetain est accueillant, chaleureux, vif et curieux
: lorsqu'il ne passe pas une heure plante devant
vous a vous observer du fameux regard intelligent
qu'ont les vaches contemplant passer les trains,
il est pris d'une telle sympathie pour tout votre
etre qu'il palpe vos vetements, tate vos chaussures,
teste votre sac, fouille dans vos poches, vous tire
les poils de l'avant-bras, vous arrache votre bouquin
des mains pour en entamer, livre a l'envers, une
vaine lecture, essaie votre chapeau - avant de filer
avec toute sa bande en ordre disperse des que la
nuit tombe et que vous risquez de lui demander asile.
En realite, le
Tibetain est une espece de panda : assiste, il ne
survivrait sans doute pas tout seul. Il ne fait
rien de la journee si ce n'est promener ses manteaux
mirifiques, ses bijoux en cascades, ses precieux
chapelets, ses dents en or et son bide la ou travaillent
Han et Hui qui font la bouffe, les routes, les maisons.
On se demande d'ou nos pauvres Tibetains tirent
l'argent de leurs tenues splendides en passant leur
temps a trainasser. Sans doute des nombreux troupeaux
de yacks qu'ils possedent - dont un paysan Han ne
pourrait meme pas rever s'offrir le plus miteux.
Non contente de le
fournir en equipements, en vehicules, en routes,
en electricite et telephone, en emplois, en hopitaux,
ecoles et universites, la Chine favorise l'expansion
de l'espece : ici la loi de l'enfant unique n'a
pas cours, et nos braves Tibetaines pondent comme
des lapins de prairie. Et la culture tibetaine,
alors ? Vous voulez manger tibetain ? La belle affaire
! Mais, a part la tsampa, ciment plutot que nourriture
dans laquelle on se lave les mains, quid ?... Quand
on a suffisamment sonde l'oeil fier du Tibetain
pour comprendre que son art gastronomique est aussi
vide que l'expression de son regard, il ne reste
plus qu'a se rabattre sur la premiere banniere verte
a croissant signalant un restaurant musulman.
Parlons un peu de l'art
tibetain : cuivres, dorures, bracelets, colliers,
temples, moulins a prieres, bottes, manteaux, couteaux
: tout est fabrique, tisse, construit, martele,
peint, cisele, dore par des artisans d'autres ethnies
: Han, Hui, Bai... L'architecture tibetaine a un
style incomparable, fait de simplicite rustique
et pratique - avec un certain gout pour la repetition.
Le sommet de son art, c'est le stupa - tas de pierres
plus ou moins arranges et blanchis a la chaux. Les
temples sont de veritables forteresses crenelees
aux fenetres en meurtrieres - sans doute construction
symbolique pour resister aux assauts des demons,
puisque le bouddhisme est une doctrine pacifique...
Les Tibetains forment
un peuple tellement uni qu'ils ne se comprennent
pas entre eux, entre Amdo, Kham et U-Tsang. Seule
une connaissance approximative du mandarin leur
permet de communiquer. Les sectes fleurissent, bonnets
rouges, jaunes, blancs, lamas, chamanes, pretres
bonpo - on tourne dans un sens, dans l'autre. Les
chefs religieux, les saints, les gourous, les bouddhas
vivants, les divinites, les demons foisonent et
rivalisent en un capharnaum du plus bel effet -
mosaique de peuples, de costumes et de coutumes.
Les photos de Mao jouxtent celles du dalai-lama.
D'ailleurs, les Tibetains sont tellement patriotes
qu'ils ne trouvent rien de mieux a faire que s'engager
dans la police et l'armee chinoises...
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