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Provenance :
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Septembre
2000
Constantin
Le 2e effet Tibet
Lhassa / Tibet |
Il serait assez drole
de mettre une admiratrice du Tibet dans la peau
d'une autochtone : mariage force a quinze ans, polygamie,
mal baisee, une vie a trimer aux champs, a ramasser
de la bouse pour alimenter le feu, a préparer
la bouffe, un gamin sur le dos et un autre dans
le bide, a fermer sa gueule et obeir a l'homme qui
la brutalise quand il ne la partage pas avec ses
freres, bossue et tordue a trente ans a force de
courber l'echine, puis vieille, assise par terre
dans les bus au niveau du cambouis et des crachats,
bientot juste bonne a desosser pour regaler les
vautours - le Tibetain nourrit ainsi les charognards
des cadavres a demi consumes de ses morts. Ce dernier
souci est signe que le Tibetain vit enh armonie
avec la nature ; il double ses manteaux de fourrures
de panthere des neiges et orne son chef de toques
de renard ou de loutre - especes prolifiques comme
l'on sait.
S'il adore ses montagnes
au point de tourner autour sans jamais en atteindre
le sommet, il les jonche aussi de detritus et d'ordures
- sans doute marque-t-il ainsi son territoire. Et
c'est sans doute par nostalgie de la mer absente
qu'ils se couvrent, homes et femmes, de cascades
de bijoux de corail et de peau de requin - qu'en
pense Greenpeace ? Et, pour etre a son aise dans
son milieu naturel, le Tibetain se complait dans
sa crasse, malgre l'eau pure qui coule abondamment
des montagnes. Sans doute cela marque-t-il son desir
de mieux se fondre dans l'ecosysteme en ressemblant
du mieux qu'il peut au yack ou au mouton : aspect
hirsute, regard vide et odeur consequente.
Le Tibetain se rapproche
d'ailleurs du regne animal : utilisant a peine les
ustensiles disponibles - baguettes et couteau -
il porte la bouche a la nourriture; on en a meme
vu boire leur the sans que le verre ne quitte la
table, aspirant et lampant comme un chien son ecuelle
ou un yack son auge. Le Tibetain ne tue pas d'animaux
et meme n'en mange pas certains : la poule, car
elle a des doigts, comme lui, le lapin, car il se
tiend parfois sur ses pattes de derriere, comme
lui, le porc, car il ronfle, comme lui. Et ceux
qu'il mange, il en confie l'abattage, le depecage
et le decoupage aux non-tibetains, Han ou Hui, se
gavant ainsi de viande en gardant les mains propres.
D'ailleurs, il
est tellement flemmard qu'il ne prend meme pas la
peine de debarasser ses montagnes des fauves qui
les infestent : Dieu merci, ours et loups avaient
aussi peur de nous que nous d'eux.
Alors, a part regarder
les yacks dans le blanc des yeux, que fait le Tibetain
? Il prie, c'est certain, ou plutot machonne ses
interminables "om mani padme hum" en egrenant a
toute vitesse son chapelet de ses mains couvertes
de verrues et de morve sechee. Mais si par hasard
l'intelligence - ou plutot la malignite - lui sourit,
il fera tout, entre deux mantras, pour vous escroquer
avec une candeur desarmante, demandant une somme
astronomique pour un ridicule trajet en jeep, palpant
les billets d'une main en continuant a caresser
son chapelet de l'autre, la bouche melant en un
indemelable murmure le decompte de l'argent et les
voeux pieux a Bouddha et autres boddhisvathas.
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