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Frantoine - 9 août 2001
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La susceptibilité Hongroise

Comment commencer le premier récit d'un très long voyage ? Il y à quelques jours, j'étais auprès de mes adorables petits cousins à jouer et discuter avec eux. Aujourd'hui, quelques jours plus tard, je suis toujours près de la France mais les amarres sont larguées. Je ne ressens pas une excitation hors norme, au contraire, je me pose dans tous les sens la question de savoir pourquoi je fais cela. Je dois trouver ma vitesse de croisière pour reprendre l'expression de Moitessier. Le départ se passe matériellement sans problème. Je ne me suis pas rendu compte d'un oublie majeur, mon sac n'est pas trop lourd. et même ma petite tendinite au pied a disparue. A croire que mon corps est d'accord pour ne pas me mettre des batons dans les roues. Il faudra aller au bout. Aujourd'hui après 8 jours, je sens mon état d'esprit évoluer dans le bon sens. Je trouve mes marques dans le chaos.


Les Bains Galler - Budapest
Ma première étape Hongroise fut placée sous le signe de la chaleur et les célèbres thermes de Budapest n'en sont parus que plus agréables. Les bains Secheni et Gallert, les plus connus dans lesquels je me suis remis des nuits éprouvantes, sont de magnifiques complexes anciens incluant des bassins extérieurs et intérieurs maintenus à différentes températures et dont les propriétés curatives diffèrent selon les salles. J'ai revu à plusieurs reprises un ancien collègue de promotion, Régis, qui habite Budapest et qui avait eu vent de l'article paru au sujet de mon voyage dans le journal local ainsi qu'un de ses collègues CSN, Clément.

Avec un salaire moyen de 2 500 Frf, les restaurants sont réserves aux nouveaux riches et aux touristes. Les Hongrois les apprécient pour y prendre simplement un café ou un déssert. Les serveurs ont l'énervante manie de pousser à la consommation et les clients peuvent aisément payer le prix de consommations virtuelles.

Dimanche soir, veille de mon départ, nous allammes dîner dans un restaurant de première catégorie. Le service était de grande qualité et j'ai pu essayer les spécialités locales à savoir la Goulash (prononcer Gouillash), soupe de légumes et de viande, et le Grundel Palasinta (crêpes aux chataignes napées de chocolat) qui pourrait caller n'importe quel appétit. Arrive l'addition écrite en Hongrois. Régis qui maîtrise bien la langue la relis avec attention et y trouve sans grande surprise 4 lignes sans raison d'être. Nous renvoyons la note et je conseille à Régis de dire au serveur qu'il est innadmissible qu'un restaurant de ce standing pratique ce type d'escroquerie. Le serveur reviens et engage alors une converstion. Le serveur explique que notre note a été confondue avec celle d'une table plus loin (ouais d'accord). Régis rétorque que ca ne devrait pas arriver. "Si ca ce peut !" s'énerve le serveur. Régis rétorque vivement que Non ! L'autre, plutôt balaise et au lieu de s'écraser comme tout serveur digne de ce nom, lui dit de ne pas hausser le ton. On allait en venir aux mains (et on allait perdre). L'incident tournait au scandale dans un restaurant qui n'en désirait surement aucun. Régis qui regarde alors la note, ré-écrite entre temps et qui était passée comme par magie de 10300 à 6300 forint (1000 forint = 26 francs), en remet alors une couche. Sur ce, le serveur attrape la note, la froisse et nous dit de nous tirer !!!! Tétus et susceptibles, deux traits du caractère Hongrois, selon Régis, dont nous venions d'être témoin. Nous nous demandammes alors en souriant de combien avaient pu se faire extorquer la 20taine d'américains retraités qui avaient dinné avant nous.

La nuit, j'étais bien sur comme prévu sur l'isle Pepsi (personnellement je préfère les Glenans comme nom ou même Belle-Isle) où s'est déroulé le festival Pepsi Sziget toute une semaine durant. Si mon passage 5 ans plus tôt m'avait laissé un souvenir impérrissable, j'ai trouvé cette fois le festival un peu TROP. L'isle trop grande (nous campions avec mon cousin au bout de l'isle où s'était regroupé un bon nombre de francais), trop de poussière, trop chaud, trop de concerts (comment choisir ?), trop de monde et même trop long (je suis parti deux jours avant la fin)... Mais côté musique, il s'est quand même passé pas mal de choses. Je retiendrai surtout Morcheeba. Après avoir fait tourner leurs albums en boucle à Séoul (amis Séoulites je vous salue), ca m'a bien fait plaisir de les voir sur scène. Allez, à la louche, il devait bien y avoir 100 000 personnes. Une marée humaine comme l'ont fait remarqué plusieurs fois les musiciens. Je me suis sinon régalé de percussions notamment dans la tente Zen Cokxpon où les représentations se dégustent alongés. J'ai adoré la musique expérimentale, ce musicien au crane rasé qui se jouait de bits d'une manière hallucinante. Bon et puis il y avait les scènes techno (ou mes collègues de Corée auraient fait bonne figure), les scènes de Blues, de trash. Le groupe Hare Krishna était encore bien impressionnant (c'est mon côté secte dirait Xavier). Le seul groupe sur le festival à chanter des heures durant chaque soir les même paroles sur le même rythme et à attirer toujours plus de monde.

Départ donc pour Prague où je suis arrivé à 3 h du mat. Je réveille Lenka ou pas ?. Lenka est ma grande soeur Czeck, collègue de travail, collocataire et complice éthylique de mon aventure en Australie. Ses déboirs avec l'Australie, ce grand pays qui ne nous aura pas fait de cadeau à l'un comme à l'autre, se sont terminés quelques mois après les miens et elle est de retour dans sa patrie. Finalement, 1 heure plus tard, n'en pouvant plus de me morfondre sur mon banc au milieu de dizaines de clochars dans la gare, je l'appelle et ne la réveille pas..

Pragues

Pragues
Elle n'a pas changé (elle s'endore toujours un Bretzel à la main, son pêché mignon) et moi non plus donc tout va bien. Elle a un apart sympa en centre ville. Je me ballade la journée et le soir nous le passons comme autrefois à discuter et glandouiller. Prague est vraiment une belle ville, pleine de touristes également. Un ou deux jours de plus et je redécole. Prochaine étape, Krakow, Bratislava ou Bucarest, je n'ai pas encore choisi. Je déjeune demain avec une Slovaque que j'ai rencontré aujourd'hui et qui pourrait faire pencher mon choix sur Bratislava.
Je voudrais rester quelques jours dans la même ville plutôt que de faire les trois en 4 jours. Ensuite je descents dar dar sur l'Italie pour passer les 10 derniers jours à sauter d'îles en îles en Grêce, d'où je vous donnerai surement le prochaines nouvelles.

L'aventure commence !

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