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A L'Aventure
!!!
Nous
préparons donc notre départ chez les Curuaya
pour le mercredi 18 décembre, terme qui laisse
un peu perplexes les autres membres de l´expédition
(le traducteur Jefthe qui s´avéra être
un vrai c.. comme on le verra plus tard, Le leader de
l´ aodeia Joaquim Curuaya et le conducteur du bateau,
Moisir). En effet, eux parlent plus de 'demain' ou 'après
demain' quand il s´agit de date.
Jour
1 : Le départ
Après
2 hrs 30 d´attente sous la pluie le bateau arrive
enfin. Moisir n´arrivait pas à le démarrer
car le moteur avait pris l´eau pendant la nuit.
Le bateau est une 'voie d´aire', c´est normalement
très rapide (genre hors bord) et il doit nous permettre
d´atteindre l´aodeia en 3 jours. La réserve
des Curuaya est très loin en amont du Xingu puis
du Iriri et enfin du rio Curuà, mais personne n´a
été capable de me dire le kilométrage
(c´est juste 'très loin').
Enfin je crois que c´était à + de
500 km à vol d´oiseau. Moisir nous assure
que le moteur n´a pas de problèmes, que c´était
juste la pluie. Nous embarquons, erreur fatale.
Après une demie journée de navigation en
grande vitesse, un choc secoue le bateau. Moisir stop
le moteur. C´est une grosse branche d´arbre
flottante qui c´est prise dans l´hélice.
A priori tjrs pas de problême (y a jamais de problème
!).
L´après midi devient plus aventureuse.. On
nous avait prévenue de le rio était très
sec mais pas qu´il faudrait sortir du bateau et
le tirer à l´aide de cordes dans des rapides
déchaînés (j´ajoute que l´on
était dans l´eau pour tirer le bateau). La
plupart des rapides peuvent être passé au
moteur mais l´inquiétude grandit quand pour
la énième fois le moteur s´étouffe
au milieux d´un rapide et qu´il faut s´arranger
pour ne pas s´écraser contre les rochers
en attendant que moisir redémarre (j´ai déduit
plus tard, personne étant capable de m´expliquer,
qu´il y avait de l´eau dans le carburateur).
Si nous avions compris à ce moment là que
nous faisions confiance à des personnes incapables
de prendre les bonnes décisions, nous aurions pris
les choses en mains et fait demi-tour. Mais nous aurions
sans doute aussi raté bien des choses comme on
le verra plus tard.
Un
des problèmes majeurs de ces arrêts forcés
sont les moustiques. Même en pleine journée,
la zone en était infestée de plusieurs types.
Le pire étant peut-être le 'piou'. C´est
joli pourtant comme nom 'piou', 'piou-piou' les petits
noiseaux. Il fait un petit trou qui saigne mais ne gratte
pas sur le coup, on se dit 'bah, si ça gratte pas
c´est pas si terrible'. Le lendemain, la zone est
inflamée sur une large partie autour de la piqûre
et elle grandit encore et encore si on a le malheur de
gratter. Le fait que l´on soit sans arrêt
obligé de rentrer dans l´eau lave le corps
de tout répulsif. En gros c´est pas cool
quoi. Le soir, avec une demie journée de retard
sur le temps prévu on décide de s´arrêter
pour la nuit dans une aodeia indienne, les Cararao. Mais
pouf, juste avant les derniers rapides, on perd le 'pinon'
ou 'pino', enfin un truc qui sert à retenir l´hélice
et qu´on aurait casser à force de se prendre
pierres et autres branches d´arbres .C'est la merde,
on se voit déjà passer la nuit sur les rochers.
Mais Moisir réussit à bricoler tout ça
avec un clou qui avait miraculeusement atterrit là.
Heureusement que les gens là-bas sont tous de fervents
religieux.
Jour
2 : voyage sur le Xingu
Nous
repartons de chez les Cararao (et leurs bébés
tarentules planquées dans les murs) tôt le
matin. A partir de 9h, la pluie tropicale commence, jusqu'à
13h...le moteur galère de + en + dans les rapides,
mais la réparation clou-ficelle a l 'air de tenir.
Ce qui est dingue et qui nous énerve c'est que
ni Joaquim ni notre traducteur ne s'inquiètent
du moteur. Nous demandons des explications, mais personne
n'interroge le conducteur qui ne dit absolument rien.
Nous subissons donc le moteur pourri sans rien dire, en
pensant très fort dans les rapides: "pourvu
qu il tienne, pourvu qu il tienne!..."Toutes l'après
midi nous naviguons a travers des paysages magnifiques,
nous commençons à voir des animaux, surtout
des caïmans, ou "jakare"...sympathiques...Vers
17h après s'être pris une énorme pierre,
nous nous arrêtons dans une espèce de maison
cabane, ou vivent des familles venues s'installer ici
pour faire le commerce des noix du brésil et capturer
des poissons pour les aquariums occidentaux. Il y a une
espèce de plage de pierres, ou sont éparpillés
des tas des déchets, os, carcasses... Pour rajouter
a cette ambiance surréaliste des centaine de bestioles
aillées nous tournent autour. Les gens nous voyant
arriver s approchent. Ils ont des regards terribles, ça
ne rigole pas, c est plutôt ambiance ""Délivrance"
(le film). Un mec nous pose des questions chelous, ou
allons nous?, qu est ce qu on fait ? Il nous propose de
nous héberger mais nous préférons
continuer un peu + loin parce qu on a perdu déjà
beaucoup de temps. C'était sûrement des gens
très gentils, mais ils ne devaient pas avoir beaucoup
de visiteurs.
C
est a partir de la que le moteur a commence a faire "toc...toc...toc".Le
soir nous cherchons un endroit pour dormir, heureusement
JE vois une cabane abandonnée (et pas Joaquim,
c est ma petite fierté), cela nous évita
donc de dormir dehors. Repas du soir: lard et farine de
manioc. Je ne mange pas, je commence a avoir mal au ventre.
La nuit fut mouvementée pour moi : vomissements
au milieux des moustiques qui en profitaient pour m attaquer
ces misérables !!! Il faut dire que depuis le début
la nourriture est préparée avec l`eau du
fleuve.
Julie.
Jour
3
C´est
reparti dans la joie et la bonne humeur ! Julie est toute
faible alors on chante des chansons des inconnus bien
fort pour se remonter le moral ; ISABELLE A LES YEUX BLEUX
!!! C EST TON DESTIN !!!!!! PRENDS TOI EN MAIN !!!!!!!
ça sonne comme une prédiction ... Le moteur
cale une nouvelle fois dans une zone vraiment glauque
marécageuse avec brume matinale pour agrémenter
le tout. Joaquim fait une blague très drôle
: si le moteur ne redémarre pas, on peut passer
des semaines ici sans que personnes ne passe. Ouah ah
ah qu´est ce qu´on se marre Jojo ! Il est
trop ce mec ! Arrête j´vais me pisser dessus
! Donc tout crispés on attend avec impatience le
si joli bruit d´un moteur qui démarre (C´est
vrai, depuis c´est un réel plaisir d´entendre
ce bruit). Et vroum c´est reparti.. et non .. et
si ouaih ! on y va .. pouf .. pouf.. et non .. et re si
cette fois c´est la bonne ! Super les copains je
ne finirai pas ma vie ici, je veux revoir la France, la
neige ... La pluie commence, on est vite trempé
et on se réchauffe avec l´eau du rio (véridique)
qui est nettement plus chaude, on se colle contre la paroi
en fer du bateau chauffée par l´eau. Quand
le moteur à encore callé sous ce déluge
on a vraiment craqué ! Gros énervement mais
qui ne servait strictement à rien donc il a fallut
ravaler tout ça (ce qu´on a fait pendant
11 jours, ravaler, ravaler, ravaler).
Le
reste de la journée est ponctué par les
calages du moteur (problème finalement réglé
en fin de journée), les bricolages du 'pinon' (a
la boîte de sardine, revéridique) et le léger
changement dans le nouveau bruit du moteur qui fait maintenant
'tatoc .. tatoc.. tatoc. On arrive enfin le soir à
l´aodéia des indiens Araras après
avoir passé les rapides les + dangereux jusque
là de 'cachuera serca' en ayant fait le trajet
depuis Altamira dans le double que le temps prévu.
Le soir on s´énerve, on explique que c´est
pas possible de continuer avec un moteur comme ça,
on nous rassure en nous disant que le rio est bien moins
sec après, qu´on ira + vite, que le carbu
ne fait plus caler le moteur, que dans l´après
midi du lendemain on sera arrivé. Je propose de
prendre une demie journée pour voir le moteur qui
fait un bruit bizarre, mais je me rend compte que moizir
serait de tout façon incapable de me dire d´où
vient ce bruit. On est fatigué, on a pas la force
d´insister et de tout façon ce con de traducteur
n´est plus très motivé pour traduire
car lui aussi veut partir le lendemain matin, il fait
des commentaires, répond à notre place,
il faut sans cesse lui rappeler de TOUT traduire, mais
on est quand même complètement dépendant
de lui ... On repart le lendemain, deuxième erreur
fatale ...
Benjamin
Jour
4 ou la journée du désespoir)
Après
2 hrs au ralenti (encore) dans des eaux trop peu profonde,
Moisir met enfin la gomme. Le moteur fait toujours le
même bruit complètement anormal mais ça
n´a l´air d´inquiéter personne.
Et au début de l´après midi, il arrive
ce qu´il devait arriver, ce qu´on avait prévu,
ce qu´on craignait et qu´on avait envisagé
la veille au soir alors que tout le monde nous disait
'mais non, y a pas de problèmes !', c´est
énervant d´avoir toujours raison ... Bon,
le moteur lâche. Apres un tatatatatata plus rien.
On se rend compte a se moment là que c´est
plus la peine de compter sur des gens qui pourtant traversent
cette région depuis des années. Panique.
Joaquim, le super indien (de la ville) parait complètement
dépassé par les évènements.
Jefthe (ce con) rigole (un rire insupportable à
rendre fou) en disant 'Ah là c´est la galère
quuuuuoi'. Nous voilà 2 petits Français
frêle et peureux coincé en pleine Amazonie,
sans moyens de communications et entourés de gens
sans aucune idée de la suite des évènements.
J´ai appris par la suite que ce genre de problèmes
(parfaitement évitables) arrive fréquemment,
mais les gens ici non pas notion de temps et de confort.
Ils prennent le temps qu´il faut et supportent des
situations vraiment dure, ils ont d´ailleurs pour
ça tout mon respect. Mais là, le problème
était que nous avions un travail à faire
et que nous voulions rentrer en France !!! (il nous restait
une semaine avant le vol du retour). Après un questionnement
acharné nous arrivons à obtenir quelques
informations, soit on redescend la rivière mais
y a rien pendant longtemps (ni habitations ni aodéia)
soit on remonte jusqu´à 'Entre rio', où
ce trouve une entreprise, à la bifurcation des
rio Iriri et Curuà. C´est très difficile
d´obtenir la moindre information car elles varient
d´un moment à l´autre (il faut entre
1 et 3 jours pour atteindre entre rio) et le traducteur
n´a plus trop envie de se fatiguer. On décide
de remonter le fleuve au moins jusqu´à une
maison abandonnée où l´on compte passer
la nuit.
On monte les hamacs, guettant la moindre bestiole. Le
soir, à l´aide d´un fil, d´un
hameçon et d´un bout de lard, Moisir nous
pêche 2 énormes piranhas (dentition impressionnante)
et quelques autres poissons-chats massifs dont j´ai
oublié le nom. La nuit tombée, nous pouvons
voir les yeux des caïmans venus finir les restes
de poissons se refléter dans la lumières
des lampes torches.
A
suivre ...
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