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Thessalonique
Ma transition Grèce - Turquie
se goupille admirablement bien. J'ai quitté Santorin hier
soir avec un ticket pour Ios, l'Ile voisine, mais j'ai
continue jusqu'à Athènes. Il leur est impossible de vérifier
qui monte et qui descend des bateaux, les flux de touristes
au mois d'août sont énormes.
Les Grecques me pardonneront
cette petite entourloupe, ils nous le rendent bien par
ailleurs sur les îles. Je suis donc arrivé
au Pirée sans encombre au lever du soleil. J'ai scruté
la lune hier soir avec un Libanais qui cherche à monter
un business en Grèce, le Liban connaissant une
crise économique d'importance par la faute des Syriens
selon ses dires. Il m'a si bien vanté les mérites du Liban
qu il n'est pas impossible que j'y fasse un saut. Malgré
un vent fort sur le bateau, j ai réussi à bien dormir
et je me suis réveillé sans mal de gorge.
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A
peine réveillé sur le port d'Athènes et de nouveau
en solo, c'est à dire que je dois tout décider tout
seul (bizarrement c'est une grosse caractéristique
du voyage solo, il y a des fois on voudrait juste
que quelqu'un prenne la décision et qu'on n'ait pas
a réfléchir). J'en etais encore à l'idée de prendre
un métro jusqu' à Athènes puis marcher jusqu'a la
gare. C'était un plan hasardeux (il fallait encore
que je retrouve la gare sans plan) et fatiguant (mon
sac étant alourdi de 4kg de bouffe, dépassant le poids
acceptable). |
Finalement, c'est en marchant
vers le métro que je me suis souvenu qu'il y avait une
gare au Pirée. J'y arrive, elle est tout près du port.
On m'indique que le train qui m'intéresse part de la gare
suivante, un bloc plus loin. Ok, je la trouve et fais
la queue au guichet d'information. En fait le train qui
m'intéresse part de la gare suivante, 500 m plus loin.
Ca ressemble à une blague ou j'ai mal compris ! ! ! Je
redemande dans la rue et il y a bien une 3eme gare un
peu plus loin.
Je la trouve, elle ressemble typiquement à une gare grecque.
Une voie sur laquelle a poussé tout un tas de mauvaises
herbes borde un quai. Une deuxième voie permet à la locomotive
de passer de l'autre coté du train. Un bâtiment riquiqui
fait office de salle d'attente et abrite un guichet. Forcément
si ils ont une gare par train, ca se comprends qu'elles
soient si petites. Ceux ayant fait le trajet Patras -
Athènes comprendront.
| Le train
quotidien pour Thessalonique, ville presque
à mi-distance entre Athènes et Istanbul, part à 7h48.
Il est 7h15. Autant dire que le timing est parfait.
Juste le temps de poser mon sac, respirer la brise
matinale avec le sentiment du devoir accomplis en
buvant un café frappé (il fait déjà très chaud à cette
heure l à et ca réchauffe 2km avec 20 kg sur le dos...).
Pas de réservation à payer en plus, mon trajet est
gratuit jusqu'à Istambul, en quelque sorte. Pour ce
premier mois de voyage, j'en suis déjà à 6700 FRF
de dépenses alors que mon budget mensuel est de 5000F
et que nous ne sommes que le 24. |
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Rien d'alarmant, je traverse
en Europe les pays les plus chers de mon périple et ma carte
interrail était initialement de 2000 F.
Le train passe au pied de
l'Olympe d'où me regardent les 12 dieux qui trônent la
haut. J'ai acheté un livre sur la mythologie grecque et
depuis 3 jours que je le lis, je suis plongé dans un mysticisme
envoûtant. Icare n'est-il pas enterré à quelques
km de là ou j'ai séjourné, sur l'Ile d'Anafi, pour ne
prendre qu'un exemple parmi des centaines ?
Pour l'instant, j'aurais
pris une leçon principale : on arrive beaucoup plus
loin avec un grand sourire qu'avec de l'énervement.
Stacy, la jeune américaine avec qui j'ai fait un bout
de chemin, n'a eu de cesse de me le dire. Les Grecques
ne rendent pas les choses faciles. Dans la quasi-totalité
des business, les Grecques sont d'une rudesse proche de
la grossièreté, profitant apparemment du luxe d'avoir
trop de clients. J'ai rencontré par ailleurs des jeunes
grecques vraiment sympas, je ne veux donc surtout pas
généraliser.
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Ces 9 jours
de plages et de ballades dans les îles ont vraiment
eu des couleurs de vacances. Bronzette, rencontres...
Je n'y ai pas cependant trouvé l'essence de l'aventure
que je suis venu chercher et je suis heureux d'arriver
aux confins de l'Europe, à Istambul. Il y a
6 ans, Istambul avait marqué le point extrême de mon
voyage avec mes deux compagnons alors que tout me
poussait à aller plus loin. C'est un peu symbolique
aujourd'hui mon retour. Cette fois je continue tout
droit, libre comme on peut difficilement plus l'être,
heureux de commencer véritablement mon Iliade.
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