Partenaires : Chemises sur mesure - Guide Casino - Voyage Amérique Latine - Enchères en ligne
Copyright © 2000 - 2008

Les News
Aventures & Itinéraires
Galeries photos
Les Mondes en Direct
Outils de voyage
Forums de voyage
Sélection du Web
TOP ou FLOP
My Carnet de voyage
Billets d'avion: comparateur de prix
Hôtels: comparateur de prix
Assurance & assistance
Billets Tour du Monde
Compagnies low-cost
Comparatifs des Agences de voyage
Comparatif des Guides de voyage
Voyager en voiture
Fonds d'écran
Fuseaux horaires
Météo
Saisons & Climats
Sécurité & Risques
Taux de change
Téléphoner
Visas
Contactez-nous
Espace membre
Inscription Newsletter
Publicité & Partenariats
Qui sommes nous ?
Revue de Presse
Plan du site
 
 
Comparateur de billets d'avion: anyway, opodo, lastminute, ebookers, go voyage, directours, marmara, vivacances, voyages-sncf
Accueil > My Carnets de voyages > Voyageurs > pascal > Maroc 2003
Maroc 2003
(11 votes)

 

11 Octobre 2003
Arrivée à Marrakkech
| 0 commentaire 0 commentaire

Marrakech, Cybercafé, 11 octobre 2003

La route entre Ouarzazate et Marrakech était terrible, entre précipices monstrueux et virages incessants faisant grincer la plaquette de freins mal huilée du bus. On a franchi le Tizi N’Tichka. On le surnomme le « col de la mort », tellement les accidents de roulage y furent nombreux dans un encore tout proche passé. Ils auraient aujourd’hui pris des mesures de sécurité tellement le trajet s’y avérait périlleux.
On se retenait le souffle et tout tournait finalement bien. Etrange que cette sensation de mettre notre propre vie entre les mains d’un chauffeur de bus que l’on ne connaît même pas. Flippant de se dire que par une simple erreur de sa part, on pourrait se trouver anéantis de manière aussi sommaire. Troublante cette évidence que notre existence pourrait basculer à jamais d’une seconde à l’autre, sans que l’on eut pu exercer quelconque contrôle pour prévenir sa fatale trajectoire, puisque bloqués sans commandes dans un bus.
On s'est arrêté dans un petit village pour un bref arrêt pipi qui s'est finalement éternisé, nous permettant de vadrouiller aux alentours. Des montagnards débarquent et nous lancent des regards étranges. Ils semblent timides et continuent leur route, un fardeau de blé sur le dos ou un enfant dans les bras. Leurs traits sont burinés par le temps et le soleil de ces hautes altitudes. Leurs visages sont encore plus beaux que ceux que l’on a croisés jusqu’à présent dans le reste du pays. Ils semblent tellement plus mystérieux.
Notre bus nous mène en fin de compte bel et bien à Guéliz sur le coup de midi. On est soulagé d’avoir passé cette route mortelle. On se sent tout enthousiastes de croquer cette cité mythique à dents pleines.
Marrakech…c'est le choc. Quel contraste! On s'est fait la réflexion que c'est depuis Fès que l'on ne s'est plus retrouvé dans une « ville » à proprement parler. Un environnement aussi grouillant et bruyant pour être digne de ce nom. La pollution est intense, on en a plein les narines. La chaleur est suffocante puisqu’il n’est aucun vent ou réel espace pour oxygéner ces endroits de perspectives limitées. On crèche près de la place Jema El Fna, là où je m’étais posé avec Nanou il y a 5 ans. Pour deux fois rien, on s’est pris une chambre avec lits en fer forgé et tout le baratin, peinte aux couleurs chaudes de la ville. La place Jemaa El Fna est toujours aussi animée, survoltée. Elle est l'espace d'un immense théâtre qui évolue et varie au fil des heures. Elle est relativement posée en journée. Seuls quelques hommes y sont plantés sur le bitume fumant, à y faire dresser des serpents et cobras à l'aide de leur flûte magique. On trouve aussi des arracheurs de dents et des détaillants de diverses herbes aux vertus mystérieuses. Les journées sont plutôt calmes, puisqu’il fait bien trop chaud que pour s'animer de la sorte en plein soleil. Les souks sont à proximité. Ils offrent encore quelques endroits de fraîcheur.
Le soir, c'est la renaissance de la ville, une régénération quotidiennement réitérée. L’endroit change de visage et devient méconnaissable de ses allures diurnes. La place Jemaa El Fna s'anime et s’échafaude d’une cinquantaine d’échoppes numérotées, où l'on peut dévorer poissons, brochettes et salades. Vers 17 heures, lorsque le soleil faiblit, on voit débarquer les marchandises destinées à l’animation du soir. Des bancs de bois, des tables, des braises, des ustensiles en cuivre et en fer, des nappes de papier…La place se déguise en quelques dizaines de minutes. Elle se transforme en un immense restaurant en plein air, composé d’établissements concurrents et plus persuasifs les uns que les autres.
Elle reste en permanence bordée de roulottes remplies d’oranges. Les commerçants proposent le verre de jus frais à 2 dirhams 50 et se mettent déjà à presser leurs fruits lorsqu’on passe à leur hauteur, alors qu’on ne leur a même rien demandé !
Les artistes de rues font leur entrée. Leurs silhouettes se propagent et se diffusent en nombreux attroupements ponctuant le bitume encore tiède. Les innombrables groupes de personnes s'éclairent à la lampe à gaz. On en voit faire de la publicité pour les vitamines gonflant les muscles de Schwarzenegger. Le vieil homme étale ses produits avec fierté, entouré de ses auditeurs attentifs. Ils sont tous trapus ou gringalets. Ils semblent passionnés du baratin de ce vieux charlatan.
Une espèce de tombola s’organise pour gagner Inch’Allah des bouteilles de Coca. Les candidats prennent une canne à pêche et doivent attraper la bouteille par le goulot. Il n’y a sans doute que très peu de chance de gagner quelque chose, mais ça fait passer le temps. Un homme au regard particulièrement détendu nous propose les variétés de ses herbes et épices magiques, les cobras sont encore d’activité et se dressent de temps à autre au son de la flûte. On se fait agresser dans l’obscurité par un de ces hommes utilisant un singe pour se faire le bakchich. Il essaie de nous le poser sur l’épaule pour qu’on en tire le cliché. Il pense pouvoir nous gratter quelques dirhams supplémentaires de cette manière pour finir sa journée en beauté. Ou pour la commencer peut-être…
La place est en ébullition. La vie s’en dégage sous toutes ses formes. Les profusions de couleurs jaillissent à s’en étourdir, au son d’une musique orientale inexistante mais qui baigne la place, comme invisible et flattant l’atmosphère. Une agora d’effervescence extrême, où il fait bon de flâner encore jusqu'aux petites heures. Aussi, chose rare dans un pays du Maghreb qu'une ville soit animée de la sorte jusque si tard dans la nuit. La ville semble tellement plus émancipée que les endroits par lesquels on est passé jusqu'à présent. J’aime ce marquant contraste.
Là, on vient de se lever, réveillés par le vendeur de pain, à vélo, qui criait dans la ruelle de l’hôtel en répétant 100 fois la même chose pour dégourdir ses clients matinaux. Aujourd’hui, on va simplement tourner en ville. Il ne fait pas encore trop chaud. Si ça, se trouve, on va se poser une petite semaine ici.

 

<<< Précédent


Aroundtheworlds.com est hébergé par Dreamhost.com