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Maroc 2003
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06 Octobre 2003
Gorges du Todra (partie 1 )
| 0 commentaire 0 commentaire

Todra, Hôtel Etoile des Gorges, 6 octobre 2003

On est arrivé comme espéré hier soir aux pieds des gorges. L’air est ici complètement différent de celui auquel on était habitué pendant notre séjour dans le Sahara. L’atmosphère est fraîche et pure. On se sent bien. L’hôtel où l’on crèche ne paie pas de mine. Il est juste simple et convenable. Il est construit à même la roche. Le mur à côté des toilettes est fait de roche, il longe la falaise et le bâtiment s’y adosse. Une atmosphère spéciale. On pose un pied dehors et l’on se retrouve immergé dans la palmeraie. Elle jaillit verte de fruits et de légumes encore attachés aux terres et aux plantes qui leur ont donné vie. Un vieil homme s’y promène sous son chapeau de paille. L’endroit est superbe.
On a longuement discuté avec patron de l’hôtel qui s’avère être, comme Fed, un passionné de cinéma. Il nous a entre autres donné tous les tuyaux pour aller visiter les sites de tournage aux alentours de Ouarzazate. Puis, on s’est écroulé de bonne heure pour une longue nuit de sommeil.
Ce matin, vers 8 heures, on se lève remontés de toutes bonnes énergies. On arpente les roches. Ce début de journée possède quelque chose de divin. Les montagnes scintillent de leurs tons orangers, surplombées d’un ciel bleu d’azur et parsemé d’épais nuages emportés par le vent. Le soleil perce entre eux, et ses rayons caressent les roches tels des caresses sensuelles adressées à ces merveilles de nature. L’endroit inspire au recueillement face à une nature aussi parfaite et aussi puissante. On s’aventure où bon nous semble, au gré des effets de lumière et des rocailles plus délicieusement dessinées les unes que les autres. L’émerveillent est à son comble.
Soudain, un bruit étrange. Un murmure d’eau s’infiltrant entre les pierres nous étonne en cette étendue asséchée et déserte. Un fleuve a dû se former des pluies soudaines de la veille. On fixe l’horizon. Un torrent se met à dévaler la montagne. Tout excités d’être les uniques témoins de ce phénomène naturel, on se presse auprès des remous naissants pour en tirer quelques images. Elles sont surprenantes. Les rocailles et gravats se font petit à petit ensevelir dans ces eaux boueuses qui se meuvent soudain en vision dévastatrice, et dévalent les pentes de plus en plus vite. On se pose sur le côté opposé à celui de la route, au pied de la falaise. On s’attarde à tirer nos clichés et séquences caméra, quand on réalise subitement que l’eau nous encercle de partout. Que faire ? Genre de situation où le corps et l’esprit ne forment plus qu’un, où la panique s’interdit d’exister même si elle n’en demanderait pas mieux. Genre d’instant où chaque geste compte, et doit être posé de manière prompte et précise. Une espèce d’instinct de pure survie.
Fed arrive à gagner un gros rocher flanqué sur la rive désormais opposée à la mienne. La rivière nous dicte sa loi. Elle nous agresse. Je tends le trépied sur lequel est fixé la caméra. On a pas droit à l’erreur. Fed l’attrape. Il me reste à m’éjecter moi-même de ces tourbillons douteux. Je n’ai plus le choix, et je dois me dépêcher avant que tout n’empire. Je me jette sur un rocher qui, malgré son apparence, n’est pas trop instable. On contemple la rivière folle qui s’écoule, avec le cœur qui bat à du 200 à l’heure.

Gorges du Todra


Gorges du Todra


Gorges du Todra


Gorges du Todra


Todra


 

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