Notre fils travaillant en Inde depuis près d'un an, dans la filiale d'une entreprise française à New Delhi, nous avons décidé d'aller lui rendre visite sous ces cieux lointains et de profiter de l'occasion pour nous offrir un circuit en Inde du Sud que nous ne connaissions pas (nous étions déjà allés en Inde du Nord en 1976).
Nous sommes donc partis pour New Delhi où nous sommes restés quelques jours avec lui, puis sommes allés à Madras où nous avons rejoint un groupe français de 14 personnes avec qui nous avons fait notre circuit en car, avons quitté le groupe à Bangalore pour rejoindre New Delhi et notre fils, puis sommes rentrés à la maison.
Mercredi 11 février : de bon matin, un taxi nous emmène à l'aéroport de Montpellier, pour prendre l'avion pour Paris. Là, avec une bonne heure de retard, nous partons sur Air France à destination de New Delhi. Arrivés sur place, après encore une heure et demie d'attente pour récupérer nos bagages, nous retrouvons notre fils venu nous chercher à l'aéroport, qui nous emmène chez lui, dans un quartier résidentiel du sud de la ville.
Jeudi 12 février : après une nuit réparatrice et une grasse matinée, nous prenons notre repas de midi à l'appartement de notre fils, aujourd'hui au travail, puis allons faire un tour en ville.
Pour ce faire, nous prenons un rickshaw à moteur, c'est-à-dire un taxi construit sur une Vespa à trois roues de fabrication locale, pétaradante et polluante, comme on en voit des milliers à New Delhi, et partout ailleurs dans la majorité des pays du tiers monde. Le conducteur se faufile tant bien que mal dans une circulation démentielle, un gigantesque embouteillage permanent, en essayant avec peine d'ouvrir son chemin au klaxon dans un vacarme épouvantable et en slalomant entre les diverses files de véhicules qui s'entrecroisent dans un désordre total. Il faut beaucoup de culot, d'inconscience et de virtuosité pour le conducteur, et une bonne dose de patience et de résignation à un sort incertain pour les passagers, pour enfin arriver à notre première destination, les Lodhi Gardens situés à environ 5 km de notre point de départ.
Dans ces jardins très verts et fleuris gambadent quantité de petits écureuils, et volent de nombreux oiseaux, en particulier une espèce d'oiseau appelé "common myla", ressemblant un peu à un merle, très abondant en Inde, et des perruches vertes.
Plusieurs tombes des sultans de la dynastie des Lodhi, qui a régné sur Delhi au XVème siècle, se trouvent dans ces jardins.
On rencontre, dans l'ordre, la tombe de Muhamad Shah (1434 - 1444), puis celle appelée Shish Gumbad (dôme de verre) dont on ignore l'identité des occupants, enfin la tombe de Sikandar Lodhi (1489 - 1517), dernier sultan qui a laissé un mauvais souvenir dans le pays, remarquable par sa forme octogonale.
Un autre rickshaw nous emmène au mausolée de l'empereur moghol Humayun, achevé en 1576 à la demande de Bega Begum, son épouse. Ce monument de grès rose, situé dans un grand jardin et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, a été bien restauré depuis notre visite précédente. C'est le plus beau bâtiment moghol de Delhi dont le style annonce le célèbre Taj Mahal, construit quelques décennies plus tard à Agra.
Juste à côté est érigée la tombe d'Isa Khan, un noble proche d'Humayun.
La soirée étant bien avancée, nous hélons un nouveau rickshaw pour rentrer à l'appartement. A cette heure de sortie des bureaux, la circulation est encore pire qu'au début de l'après-midi, et c'est à grand peine et au prix de nombreuses acrobaties de la part de notre chauffeur, que nous arrivons enfin à destination. Un peu plus tard, notre fils rentre du travail et nous fait profiter de ses découvertes en matière de cuisine locale.
Vendredi 13 février : notre fils a pris sa journée pour nous faire visiter la ville et a retenu une voiture avec chauffeur à cet usage. Nous nous dirigeons d'abord vers Connaught Place, dans une circulation toujours très dense, bruyante et désordonnée.
Cette place circulaire bordée d'arcades où convergent les plus grandes avenues de la ville marque le centre de New Delhi. Un joli jardin occupe le centre de la place, autour duquel tourne la circulation plutôt calme à cette heure-ci. Nous faisons tout le tour de la place (c'est long) avant de dénicher LE restaurant qu'on nous a recommandé... et nous mourons de faim !
Après le repas, nous allons à la Jama Masjid, la "grande mosquée du vendredi" terminée en 1655 par l'empereur moghol Shah Jahan, le constructeur du Taj Mahal. Mais comme c'est l'heure de la prière, son accès nous est interdit.
En marchant dans les rues avoisinantes, étroites et remplies par une foule compacte, nous ressentons une certaine hostilité de la part de la population, en quasi totalité musulmane dans ce quartier, et préférons ne pas nous attarder plus longtemps.
Notre chauffeur nous emmène vers le Gurudwarat Bangla Sahib, le plus grand temple sikh de la ville construit au XVIIème siècle. Nous devons d'abord quitter nos chaussures et mettre un couvre-chef, et pouvons ensuite entrer après un cérémonial complexe qui serait trop long à décrire.
Construit sur l'ancien palais de Mirza Raja Jai Singh, un des grands généraux de l'empereur moghol Aurangzeb, qui havait hébergé le huitième gourou Guru Harkrishan, c'est un grand bâtiment en marbre avec plusieurs coupoles dorées à la feuille. A l'intérieur, un exemplaire du Grand Livre Sacré des Sikhs est présenté à l'adoration des fidèles. Un grand bassin, où les Sikhs viennent faire leurs ablutions, occupe une part importante du complexe cultuel.
Notre chauffeur nous ramène maintenant à l'appartement, en faisant un détour par le Mall, la grande avenue joignant l'India Gate au Palais présidentiel, avec une circulation toujours aussi folle. Comme la nuit tombe, il est impossible de faire des photos correctes.
Samedi 14 février : repos le matin. Après le repas de midi, nous partons pour l'aéroport. La route qui y conduit est en travaux, une nouvelle ligne de métro qui joindra Gurgaon, la nouvelle ville des hautes technologies (surnommée Cybercity) au centre de Delhi en passant par l'aéroport, est en construction. Le trafic est très dense et la circulation extrêmement difficile. Là, nous prenons l'avion pour Madras (appelée maintenant de son ancien nom indien Chennai) où, tard dans la soirée, nous allons rejoindre le groupe avec lequel nous allons visiter le sud de l'Inde. Après une longue attente due au retard de l'avion d'Air France, le confortable car climatisé qui transportera notre groupe pendant tout le circuit nous conduit à notre hôtel.
Dimanche 15 février : cette journée est consacrée à la visite de Madras, quatrième ville de l'Inde et capitale de l'état du Tamil Nadu. Cet état est essentiellement peuplé par des Indiens Tamoul, de l'ethnie autochtone dravidienne installée en Inde depuis plusieurs milliers d'années, antérieurement aux invasions aryennes qui les ont chassés des plaines du nord et repoussés vers le sud.
Nos visites commencent avec le temple Kapalishwarar, construit au XVème siècle dans le style typique dravidien et dédié à Shiva. On entre par la grande porte, le Gopuram, sorte de pyramide posée sur un socle en granite dans lequel est taillé l'entrée dans le temple et décorée par une multitude de statues de dieux et déesses du vaste panthéon hindou, toutes peintes de couleurs très vives.
Nous devons nous déchausser avant d'entrer, comme dans tous les temples hindous du pays.
A l'intérieur de tous les temples shivaïtes, l'adoration dans le sanctuaire principal se fait au "lingam", le principe mâle (phallus), enchâssé dans le "yoni", le principe femelle (photo interdite). Un drapeau à prières montre que le temple est en activité et que l'adoration des fidèles est en cours. De nombreux sanctuaires secondaires, dédiés aussi à Shiva ou à des divinités mineures, sont dispersés sur le site.
A suivre à l'adresse suivante :
http://jc.chabanis.free.fr/voyages/inde_sud.htm | |